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source| blog.lemonde.fr |

A Port-au-Prince, le 20 janvier 2010 (AFP PHOTO Olivier 
Laban Mattei)

Alors que les secours peinent toujours à se mettre en place en Haïti et que la population éprouve des difficultés à trouver de quoi se nourrir et boire, les pays qui lui viennent en aide parlent déjà de la reconstruction. Devant l’ampleur de la catastrophe, la tâche s’annonce énorme. Leonel Fernandez, président de la République dominicaine, estime que 10 milliards de dollars devront être débloqués pour permettre au pays de se reconstruire. Un travail qui, selon l’ambassadeur haïtien en Espagne, pourrait demander jusqu’à 25 ans.

Au concert de bonnes volontés qui demandent l’annulation de la dette du pays ou l’augmentation des aides, viennent s’ajouter certaines qui disent voir dans la catastrophe des “opportunités pour les Etats-Unis”. Des voix, comme celle du think-tank conservateur américain Heritage Foundation, que la journaliste Naomi Klein accuse vouloir profiter de la catastrophe. Dans son dernier ouvrage, La Théorie du choc, elle explique comment certains groupes de pression “profitent des crises comme prétexte pour imposer les politiques qu’ils ne peuvent pas mettre en place dans des conditions de stabilité” : “Durant les périodes de crises extrêmes, les peuples sont assez désespérés pour recevoir une aide humanitaire de toute nature, toute forme de financement, et ils ne se trouvent pas dans une position favorable pour négocier les conditions de cette aide.”

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Ici un lien qui fait la synthèse de différent médias sur ce sujet.

 

La stratégie du choc de Naomi Klein

 

source | www.courrierinternational.com | 19.02.2009 | Larissa MacFarquhar | The New Yorker

Elle est devenue la figure la plus visible et la plus influente de la gauche américaine – à l’instar d’un Howard Zinn ou d’un Noam Chomsky il y a trente ans. Naomi Klein…

…s’exprime régulièrement aux quatre coins du monde, et des centaines de personnes se déplacent pour l’écouter. Elle est même devenue l’icône des icônes. Le groupe de rock Radiohead et la chanteuse ­Laurie Anderson vantent ses livres à leurs fans. La ­comédie de John Cusack War, Inc. s’est inspirée de ses reportages à Bagdad. Et le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón a été tellement enthousiasmé par son ­dernier livre, The Shock Doctrine*, paru en 2007, qu’il a gracieusement réalisé un spot publicitaire pour sa campagne de promotion. Lorsque la crise économique a débuté, la situation semblait tellement bien ­coller avec ses théories qu’elle a été invitée sur toutes les chaînes de télé pour en parler.
La thèse centrale de The Shock Doctrine est que, contrairement à ce que l’on nous dit, capitalisme et démocratie ne vont pas de pair, pas plus que le libre marché et la liberté des personnes. Bien au contraire, le capitalisme – du moins le capitalisme fondamentaliste tel que prôné par l’économiste Milton ­Friedman et son école de Chicago – est si impopulaire et si manifestement nuisible pour tous (excepté pour les plus riches d’entre les riches) que son règne nécessite au mieux la supercherie, au pire la terreur et la torture. Friedman, qui pensait que les marchés étaient plus efficaces lorsqu’ils étaient délivrés des interventions de l’Etat, prêchait la suppression de toutes les mesures destinées à protéger le peuple contre la logique du marché. Naomi Klein répond qu’une population ne peut accepter de telles réformes qu’à condition de se trouver dans un état de choc, au lendemain d’une crise, d’une catastrophe naturelle, d’un attentat, d’une guerre.

Une personne en état de choc régresse à un stade infantile et cherche une figure parentale pour prendre le contrôle de la situation.

De même, une population en état de choc confiera des pouvoirs exceptionnels à ses dirigeants. Naomi Klein en tire la conclusion suivante :

l’école de Chicago est “un mouvement qui prie pour l’arrivée d’une crise comme un agriculteur en période de sécheresse prie pour l’arrivée de la pluie”.

Pis, les adeptes de ­Friedman sont parfois trop impatients pour attendre que les forces de la nature se déchaînent. Si les catastrophes naturelles sont difficiles à manigancer, les coups d’Etat et les attaques terroristes sont à tout moment possibles.

Nombre des violations des droits de l’homme les plus infâmes de notre époque ont été commises soit dans le but de terroriser la population, soit dans celui de préparer l’introduction de ‘réformes’ radicales allant dans le sens du libre marché”, soutient-elle.

Mais, après le choc économique qui a ébranlé Washington à l’automne dernier, les choses ne se sont pas tout à fait passées comme dans The Shock Doctrine. Jusqu’à un certain point, la réaction initiale à la crise économique est venue corroborer la thèse de Naomi Klein : le choc (les faillites bancaires et l’effondrement du marché) a mené le gouvernement américain à prendre des pouvoirs sans précédent (il a lancé un plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars, accordés sans conditions), martelant que, dans une telle crise, on doit lui faire confiance, même si les moyens qu’il met en œuvre peuvent sembler enrichir les plus riches aux dépens de tous les autres. Mais la concordance avec The Shock Doctrine s’arrête là, car la machine s’est grippée. Scandalisés, les citoyens américains ont envoyé des lettres par milliers, les blogueurs se sont épanchés sur l’étrange familiarité de la situation, qui leur rappelait le lendemain du 11 septembre 2001. Ils ont écrit que le plan de sauvetage des banques était l’équivalent économique du Patriot Act [loi promulguée après les attentats du 11 septembre qui a considérablement renforcé les pouvoirs du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme]. Mais, comme l’écrit Naomi Klein en conclusion de son ouvrage : la mémoire est parfois un antidote au choc.

suite…

  

FMI et Banque Mondiale

26 janvier 2010

Dans ce petit film, tout est expliqué le plus simplement. Et pourtant on comprend tout de suite la catastrophe que peut faire ces deux organismes, et surtout le FMI. Naomi Klein le raconte dans son incroyable livre La stratégie du choc
 

FMI & banque mondial pour les nuls

Quand le FMI fabrique la misère

Avant les années 80, le Ghana était considéré comme un pays en voie de développement prometteur. La crise économique que connaît le pays va amener une situation locale désastreuse au niveau des services de base. Le FMI et la Banque Mondiale proposent des prêts au pays, sous la condition dite d’ajustement structurel. Le pays est contraint de s’impliquer dans le libre échange, en orientant la production interne vers l’or et la cacao plutôt que vers les productions vivrières. L’incitation à la "récupération des coûts" va entraîner la privatisation des services publics de base de soins et d’adduction d’eau. L’implantation d’entreprises étrangères est favorisée grâce une politique fiscale avantageuse et une réglementation peu contraignante, notamment vis à vis de l’environnement. La richesse en or de la province du Katanga a attiré l’industrie minière. L’état ghanéen a délocalisé la population locale qui vivait de banane plantin, manioc, huile de palme et arachide. Les paysans on touché une indemnisation ridicule, les manifestants ont été éloignés par la force militaire. L’activité d’extraction a stérilisé les champs alentours : les déblais ont envahi les champs de manioc, la pollution métallique affecte l’air et l’eau. Les rizières sont aujourd’hui en jachère…

 


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