Naomi Klein : la gauche en héritage
29 janvier 2010
source | www.courrierinternational.com | 19.02.2009 | Larissa MacFarquhar | The New Yorker
Elle est devenue la figure la plus visible et la plus influente de la gauche américaine – à l’instar d’un Howard Zinn ou d’un Noam Chomsky il y a trente ans. Naomi Klein…
…s’exprime régulièrement aux quatre coins du monde, et des centaines de personnes se déplacent pour l’écouter. Elle est même devenue l’icône des icônes. Le groupe de rock Radiohead et la chanteuse Laurie Anderson vantent ses livres à leurs fans. La comédie de John Cusack War, Inc. s’est inspirée de ses reportages à Bagdad. Et le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón a été tellement enthousiasmé par son dernier livre, The Shock Doctrine*, paru en 2007, qu’il a gracieusement réalisé un spot publicitaire pour sa campagne de promotion. Lorsque la crise économique a débuté, la situation semblait tellement bien coller avec ses théories qu’elle a été invitée sur toutes les chaînes de télé pour en parler.
La thèse centrale de The Shock Doctrine est que, contrairement à ce que l’on nous dit, capitalisme et démocratie ne vont pas de pair, pas plus que le libre marché et la liberté des personnes. Bien au contraire, le capitalisme – du moins le capitalisme fondamentaliste tel que prôné par l’économiste Milton Friedman et son école de Chicago – est si impopulaire et si manifestement nuisible pour tous (excepté pour les plus riches d’entre les riches) que son règne nécessite au mieux la supercherie, au pire la terreur et la torture. Friedman, qui pensait que les marchés étaient plus efficaces lorsqu’ils étaient délivrés des interventions de l’Etat, prêchait la suppression de toutes les mesures destinées à protéger le peuple contre la logique du marché. Naomi Klein répond qu’une population ne peut accepter de telles réformes qu’à condition de se trouver dans un état de choc, au lendemain d’une crise, d’une catastrophe naturelle, d’un attentat, d’une guerre.
Une personne en état de choc régresse à un stade infantile et cherche une figure parentale pour prendre le contrôle de la situation.
De même, une population en état de choc confiera des pouvoirs exceptionnels à ses dirigeants. Naomi Klein en tire la conclusion suivante :
l’école de Chicago est “un mouvement qui prie pour l’arrivée d’une crise comme un agriculteur en période de sécheresse prie pour l’arrivée de la pluie”.
Pis, les adeptes de Friedman sont parfois trop impatients pour attendre que les forces de la nature se déchaînent. Si les catastrophes naturelles sont difficiles à manigancer, les coups d’Etat et les attaques terroristes sont à tout moment possibles.
“Nombre des violations des droits de l’homme les plus infâmes de notre époque ont été commises soit dans le but de terroriser la population, soit dans celui de préparer l’introduction de ‘réformes’ radicales allant dans le sens du libre marché”, soutient-elle.
Mais, après le choc économique qui a ébranlé Washington à l’automne dernier, les choses ne se sont pas tout à fait passées comme dans The Shock Doctrine. Jusqu’à un certain point, la réaction initiale à la crise économique est venue corroborer la thèse de Naomi Klein : le choc (les faillites bancaires et l’effondrement du marché) a mené le gouvernement américain à prendre des pouvoirs sans précédent (il a lancé un plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars, accordés sans conditions), martelant que, dans une telle crise, on doit lui faire confiance, même si les moyens qu’il met en œuvre peuvent sembler enrichir les plus riches aux dépens de tous les autres. Mais la concordance avec The Shock Doctrine s’arrête là, car la machine s’est grippée. Scandalisés, les citoyens américains ont envoyé des lettres par milliers, les blogueurs se sont épanchés sur l’étrange familiarité de la situation, qui leur rappelait le lendemain du 11 septembre 2001. Ils ont écrit que le plan de sauvetage des banques était l’équivalent économique du Patriot Act [loi promulguée après les attentats du 11 septembre qui a considérablement renforcé les pouvoirs du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme]. Mais, comme l’écrit Naomi Klein en conclusion de son ouvrage : la mémoire est parfois un antidote au choc.
Naomi Klein la stratégie du choc…
25 janvier 2010
Que dire de ce monument…Peut-être que ma vision du monde est aujourd’hui beaucoup plus claire. Quand on voit des catastrophes et des pilleurs sévirent dans les rues cela nous choque ou nous effraie.
Ce livre raconte le pillage sans aucun état d’âme après des catastrophes naturelles, économiques, dû à la guerre… Mais en… vérité, les pilleurs vivent dans l’ombre et sont en costume cravate. Je me rends compte que l’on peut faire plus de mal avec l’économie qu’avec la guerre. Qui n’a jamais entendu parler de Milton Friedman, cet économiste au prix Nobel d’économie ? Et pourtant, cette personne a influencé notre monde d’une telle force et d’une si laide manière que je suis surpris qu’il soit méconnu. Tant de pays ont sombré dans le désastre et le chaos à cause de ce personnage et tous ses disciples. Ces personnes devraient être jugées pour crime contre l’humanité. Et tout cela couvert par le FMI, la banque mondiale….Quand on voit tout cela, on se dit que tout compte fait les conspirations existent ! Oh pas le mal contre le bien ! Mais juste des personnes avides de pouvoir et surtout d’argent. Ce qui s’est passé au chili, en Argentine, en Bolivie, en russe, en Afrique du sud, dans les pays de l’ouest, etc…
Tous ont suivi la stratégie du choc avec pour conséquences les riches monstrueusement plus riches, et les pauvres épouvantablement plus pauvres… Quel effroyable monde parfois nous avons…
J’ose espérer que si un jour la Birmanie obtient sa démocratie, je souhaite de tout mon coeur qu’elle ferme la porte aux économistes étrangers, à la banque mondiale ou au scandaleux FMI… Je ne sais plus qui a dit, ce qu’il y a de pire dans le communisme c’est ce qui vient après ( au vu de la politique de la stratégie du choc ) On pourrait dire la même chose pour la dictature… L’exemple parfait s’illustre aujourd’hui en Irak…
Maintenant avec la situation Haïti, j’ose espérer encore que la stratégie du choc ne viendra pas mettre le bout de son nez pour le plus grand malheur des haïtiens. Je ne sais pas si le vaudou Haïti existe, mais si c’est le cas, il serait judicieux de l’appeler contre le méchant FMI !
Ce livre est à lire pour comprendre exactement sans fioriture une face de notre Monde (capitaliste)…
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