C’est absolument incroyable, mais c’est la démocratie qui a gagné ! C’est vous, internautes, qui avez gagné. Jeudi, l’Assemblée Nationale a refusé de ratifier (par 21 voix contre 15) le projet de loi Création et Internet et la riposte graduée. Le texte n’aura pas besoin d’être censuré au Conseil constitutionnel, il ne sera pas promulgué ! A moins que le gouvernement s’entête et exige une seconde lecture, ce que la Constitution lui permet.

Mise à jour : juridiquement, la gouvernement a la possibilité de demander une seconde lecture. Selon nos informations, le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement Roger Karoutchi est arrivé de toute urgence après le vote pour établir une stratégie. Mais un tel rejet n’est a priori que deux fois dans l’histoire de la 5ème République, ce qui montre l’ampleur politique du coup porté ce matin.

Incroyable : Jeudi, à la surprise générale, les députés ont rejeté le texte de loi Création et Internet par 21 voix contre 15 !

Les lignes ont bougé, jeudi, lors du vote final de la loi Création et Internet. Au point que Christine Albanel devait pousser un ouf de soulagement en se remémorant que la procédure d’urgence, encore une fois choisie par le gouvernement, devait éviter un deuxième tour de débat parlementaire. Mais progressivement, les sénateurs et les députés ont révisé leur position en découvrant l’ampleur de l’usine à gaz qu’ils allaient créer, contre les principes républicains de respect de la présomption d’innocence. Et la procédure d’urgence n’a plus suffit à empêcher la censure du texte.

Le Sénat, qui avait voté à l’unanimité des bancs le projet de loi en première lecture, à l’exception du groupe communiste qui s’était abstenu, s’est divisé ce jeudi matin. Si les sénateurs UMP et Nouveau Centre ont maintenu leur vote favorable, les Verts ont voté contre et le PS a choisi de s’abstenir pour marquer son désaccord avec quelques points du texte, et faire un pas vers la position des députés.

A l’Assemblée Nationale, le député centriste Jean Dionis du Séjour n’a plus tenu. Lui qui a dû concilier son opposition personnelle virulente contre le projet loi à la position de son groupe Nouveau Centre, favorable à la riposte graduée, a craqué. Plutôt que de s’abstenir comme il l’avait annoncé pendant l’ensemble du débat, il a choisi à la dernière minute de franchir le Rubicon et de voter contre le projet de loi. Un fait exceptionnel pour le groupe Nouveau Centre, qui fait partie de la majorité parlementaire. Les députés PS, Verts, et Communistes ont bien sûr maintenu leur vote contre, tandis que les rangs UMP étaient clairsemés.

La ministre Christine Albanel a été victime d’un pêché d’orgueil. Les députés n’ont pas goûté la méthode, et le durcissement du texte à la CMP, notamment par le rétablissement de la "double peine" (le fait de payer l’abonnement pendant la suspension). Ils n’ont pas dû apprécié, non plus, que la ministre ne réponde pas aux questions préalables et exception d’irrecevabilité défendues avec brio par l’opposition.

Au moment du vote, le nombre de mains levée pour voter pour le projet de loi était très maigre :

Ils ont voté pour :

Ils ont voté contre :

Sous les applaudissements, le texte a été rejeté. Pour Numerama, ce sont des mois de combat et de démonstrations de la dangerosité juridique et technique du texte qui trouvent leurs fruits. Des mois d’un combat souvent difficile que nous n’avons pu tenir que grâce à votre soutien, et au travail incroyablement précieux de la Quadrature du Net et des députés Martine Billard, Patrick Bloche, Christian Paul et Jean-Pierre Brard.

Merci à vous tous. Ce matin, c’est la démocratie qui l’a emportée sur les lobbys. Soyez-en fiers.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Source | www.agoravox.fr écrit par reaper95 |

* Non, je n’ai pas du tout la prétention de me prendre pour Alain Minc, mais comme j’avais bien aimé son titre adressé aux élites, j’en fais une référence. Mais je le préviens tout de suite : ça ne sera pas habituel chez moi.

Salut à toi, l’artiste !

Tu permets que je te tutoie ? C’est vrai que ça fait tellement longtemps que je te côtoie, toi le chanteur, toi le musicien, toi le cinéaste, que tu es presque devenu un de mes potes ! J’en ai passé du temps à tes côtés, à aller à tes concerts ou tes spectacles, à écouter tes disques en boucle et en toutes circonstances et à regarder tes films, au cinéma et en vidéo. J’ai même l’impression que c’est toi qui m’a tout appris, et qui a fait de moi ce que je suis.

Mais que t’arrive-t-il ces derniers temps ? On dirait que tu en as gros sur la patate, ou bien je me trompe ? Parce que, quand même, tu étais bien content de me compter parmi tes fans, tes admirateurs, chantant tes louanges et faisant de toi une star ou au moins quelqu’un pour qui on pouvait avoir une reconnaissance certaine.

Non, parce que dernièrement, j’ai l’impression que tu m’en veux ! C’est vrai que tout n’a pas toujours été facile entre nous, mais c’est comme toute relation passionnelle : il y a des hauts, il y a des bas, mais j’ai toujours su rester fidèle avec ceux qui ont su garder leurs valeurs et leur intégrité.

Bon, c’est vrai que j’en ai quitté certains, que j’admirais étant plus jeune, mais qui m’ont finalement beaucoup déçus. Il faut dire qu’ils m’en avaient raconté, des conneries, comme Luc, après m’avoir fait rêver avec ses propres films, m’avait fait miroiter abusivement que ses productions allaient devenir le must en matière de cinéma en France,, ou Barnabé, celui qui chante la vie quotidienne de la même façon depuis tellement longtemps que j’ai fini par croire qu’on était encore en 1999…

Et puis il y a eu Gad, qui a fini par se prendre pour son propre sketch, en Ray-ban bling bling et "sarkozysation" en accéléré, défenseur du bouclier fiscal des riches contre la méchanceté du voleur de pognon, ou encore Stéphane, qui chantait le jazz manouche à la manière de Django, et qui s’asseoit à la table des gens qu’il a longtemps dénoncés…

Et c’est vrai que vous êtes de plus en plus nombreux dans ce cas depuis qu’entre toi et moi, il y a un nouveau procédé révolutionnaire, qui me permet d’avoir accès à ta musique à la vitesse de la lumière. Bon, c’est vrai que tout cela ne t’arrange pas, surtout financièrement, mais de là à traiter tes amis de voleurs… De voleurs, oui ! Est-ce que tu te rends compte de la puissance de tes mots ? Tous ces gens, comme moi, qui t’ont soutenu, voire qui continuent de te soutenir depuis des années, tout à coup, tu les traites de voleurs, de malpropres, de criminels qu’il faut punir par tous les moyens ?! Tout ça parce qu’ils font l’effort de continuer à écouter ta musique, mais qu’ils ne prennent plus toujours l’envie de payer pour ton travail ? Bon, je peux comprendre ton point de vue ; ce n’est jamais évident de voir son travail pas payé à sa juste valeur. Je le sais bien : je suis moi-même smicard. Tu vois ? On est un peu semblable, toi et moi ! On travaille comme des damnés toute l’année pour ne pas être récompensés comme on le devrait !

En fait, je crois que ton problème, c’est que tu as trop écouté le grand Pascal, celui qui prétend être ton pote, mais qui t’arnaque depuis des années, et qui prétend qu’internet a tué la musique, alors qu’il avait déjà bien commencé le travail d’équarrissage avant l’arrivée du haut débit. C’est vrai quoi ! Qui a commencé en proposant des contrats hors de prix pour des coups marketing montés à base de boîtes à rythme et de gimmicks intellectuellement proche de l’huitre (150.000 euros pour deux mecs qui ont glosé sur le fameux coup de boule de notre Zizou national pendant un seul été en 2006, n’est-ce pas franchement jeter l’argent par les fenêtres) ? Qui a inondé le marché de millions de produits tous plus formatés les uns que les autres, faisant croire que c’était de la musique ? Qui a fait croire pendant des années qu’il soutenait les artistes alternatifs car il y avait Zebda et Noir Désir dans son catalogue, cautions "politiques" d’un catalogue vastement vide de sens ? Qui a négocié les tarifs qu’on te reverse auprès des radios et des télés ? Ce n’est pas moi, que je sache !

Tiens, parlons-en, de la télé et de la radio ! Qui a inondé la musique sur toutes les ondes, sur tous les formats, de façon presque écoeurante, en "rotation lourde" comme on dit, avec moult strass et paillettes, et de façon indolore pour le public, finissant par convaincre une génération entière que la musique pouvait être écoutée gratuitement puisque de toutes façons, on avait l’impression que les artistes étaient richissimes ? Et en plus, tu crois que tu es bien rémunéré, quand tu passes à la radio ou à la télévision ? Peanuts, comme on dit ! Quelques pour cent du chiffre d’affaires global en publicité de ces géants des médias, que tu dois partager avec le grand Pascal et tous les autres intervenants. Et qui a négocié des tarifs encore plus ridicules avec les deux nouveaux grands de la musique en ligne "légale", qui fait que tu touches 0,08 euro par morceau téléchargé sur le site de la Pomme, et environ 100 euros pour 100.000 écoutes sur les radios en streaming (le nouvel el dorado de ceux qui découvrent le web en 2009), soit, 0,001 euro ?A peine plus finalement que ce que tu ne touches pas à cause du Peer 2 Peer…

Le Peer 2 Peer… Ton nouveau rival entre toi et moi. C’est vrai qu’il t’a fait du mal, mais peut-être y avait-il une raison… Ton collègue Cali (qui est en grave désaccord avec toi, ce qui est rare) déclare que c’est "vous, les voleurs, à cause du prix auquel on vend les disques". Peut-être est-ce une piste. Et puis surtout, peut-être est-ce un peu ta faute, finalement, ce qu’il t’arrive. Tu pleures depuis des années sur ce sort qui s’acharne sur toi, sur ces "voleurs" que nous sommes, sur tes pauvres économies qui diminuent, mais qui ne disparaissent pas forcément : demande à ton pote Dany qui a vu son documentaire sur les gens du Nord être le film le plus piraté en 2008, mais aussi le plus gros carton du cinéma français, faisant de lui un homme très riche, qui peut s’acheter une maison à 8 millions de dollars à Malibu Beach.

C’est vrai que si tu avais arrêté d’écouter ton pote Pascal, qui n’arrête pas de pleurer à l’assassinat de son commerce, mais qui n’a rien fait pour retourner à son avantage les nouveaux éléments techniques qu’on nous propose, à part pleurnicher auprès des décideurs politiques et des médias pour avoir des lois répressives (mais complètement à contretemps et archaïques à peine votées) peut-être aurais-tu pu, toi, proposer une solution pour améliorer tes ventes tout en gardant la sympathie de ton public.

Regarde tes cousins d’Amérique ou d’Outre-Manche : eux, ils ont arrêté de se plaindre, se sont redressés les manches, et ont proposé des solutions : des albums à prix fixé par le consommateur, des albums carrément offerts, sous format libre (ah oui, un autre truc nous a un peu brouillés, toi et moi : l’envie que tu as de vouloir cadenasser et verrouiller à tout bout de champ la musique que je veux acheter, et que du coup je préfère ne pas payer mais que je peux utiliser librement), des disques offerts avec une place de concert, etc… Et toi, qu’as-tu proposé ?Parfois, quand tu suis les conseils du grand Pascal, tu proposes des jolis coffrets pour les CD (tu sais, le produit que plus personne ne veut) mais vendus aussi plus chers, ou des morceaux en téléchargement, vendus sur le même business model que l’ancien, alors qu’on ne peut pas comparer vu qu’il n’y a ni stocks ni de multiples intervenants.

Alors il serait peut-être temps que tu fasses comme tes cousins étrangers, que tu te sortes un peu les doigts du cul (si tu me permets cette expression familière), que tu t’en prennes aux vrais responsables de ta situation, voire que tu t’émancipes pour travailler tout seul, que tu essayes de te prendre en main, d’arrêter de croire que tout est acquis ad vitam aeternam et qu’il faut sans cesse bosser, proposer des solutions, des alternatives, te battre pour mériter ta situation et tes revenus et que la vie n’est pas une rente qui tombe tous les mois comme les Allocations familiales. Car c’est vrai que tu t’es un peu embourgeoisé, bercé par les privilèges que te propose notre système français…

Alors là, peut-être qu’on redeviendra copains, super potes, et que j’aurai envie de te faire à nouveau confiance. Pour l’instant, quand je vois comment tu me traites, je n’ai même plus envie de m’intéresser à ce que tu fais et te soutenir… Donc va, vis et reviens quand tu auras compris que je ne suis pas forcément un criminel et que le monde évolue autour de ta bulle…

Source | www.agoravox.fr écrit par cbx |

Vendredi 3 avril 2009, l’assemblée nationale a adopté la loi "Création et Internet", avec seulement 16 députés dans l’hémicycle. Pourtant ce texte risque, s’il est appliqué, d’apporter de profondes modifications au web français tel que nous le connaissons. Cette loi instaure entre autres la "riposte graduée", qui en cas de téléchargement illégal, après l’envoi de 2 avertissements, prévoit la coupure de la connexion internet de l’abonné contrevenant. La plupart des arguments qui s’opposent à cette loi étant assez techniques, je vais tenter d’expliquer certains éléments de fonctionnement du net qui sont utiles pour les comprendres, puis j’aborderai point par point les éléments de la loi qui selon moi sont problématiques. J’essaierai également sur chaque point de montrer en quoi cette loi et d’ores et déjà inutile en montrant les différents contournements existants.

Accrochez vos ceintures et bienvenue dans le cyber espace ! Tout d’abord pour qu’il y ait sanction, il faut qu’il y ait constatation d’une infraction. Le système mis en place dans le cadre de l’Hadopi est souvent comparé au système de radar automatique sur les routes, où des points de contrôles sont placés sur la route, et tout automobiliste qui franchit ce point à une vitesse supérieure à la limite est "flashé" et reçoit une amende. Dans le cas d’une voiture, c’est la plaque d’immatriculation qui permet d’identifier le conducteur pour lui envoyer une amende. Cette plaque est censée identifier de manière unique chaque véhicule. Mais est-il possible d’identifier chaque ordinateur de manière unique pour que la sanction s’adresse à la bonne personne ? C’est là que l’IP entre en jeu.

L’IP (qui signifie "Internet Protocol") est en effet le point d’entrée sur la toile. Composée de 4 chiffres compris entre 0 et 255 (par exemple 192.168.0.1) elle est sensée identifier de manière unique chaque ordinateur, et correspond à l’adresse à laquelle une machine pourra être contactée (comme un numéro de téléphone). Pour prendre un exemple, lorsque vous vous connectez à un site web (par exemple www.jaimelesartistes.fr/), votre navigateur va d’abord aller récupérer l’adresse IP de la machine qui héberge le site, puis se connecter directement à cette machine grâce à son IP et récupérer les pages que vous avez demandées. L’adresse IP de jaimelesartistes.fr est 94.23.48.134, vous pouvez donc vous y connecter directement en rentrant cette adresse dans votre navigateur. Si vous voulez connaître votre adresse, allez sur ce site www.ip-adress.com, vous verrez qu’on peut vous localiser avec une précision déconcertante.

Chaque machine connectée doit donc avoir une IP unique, ce qui pose un premier problème puisque le nombre d’IP possibles est déjà inférieur au nombre de machines connectées dans le monde. Il va donc falloir procéder à des regroupements de machines pour que tout le monde puisse être connecté, c’est ce qu’on appelle des réseau locaux (où LAN). Par exemple, dans la plupart des entreprises, un réseau local est mis en place. Dans ce réseau, chaque machine a une IP qui n’est valable qu’au sein de l’entreprise (comme un numéro de téléphone interne). Pour accéder au web, toutes les machines de l’entreprise vont ensuite passer par une "passerelle", machine qui est directement connectée au web et qui va faire l’intermédiaire entre le réseau local et le réseau global (un peu comme une standardiste qui se chargerait de dispatcher les appels). Ainsi, une seule IP unique est nécessaire pour toute l’entreprise. La Box de votre fournisseur d’accès fonctionne exactement sur le même principe, une seule adresse IP unique pour toute la famille.

Vu de l’extérieur, tous les employés de l’entreprise et tous les membres de la famille ont donc la même IP. Hors, tout le système de sanction de l’Hadopi repose sur cette fameuse IP. Problème : si un seul salarié télécharge illégalement, c’est comme si toute l’entreprise avait téléchargé illégalement puisqu’il est impossible, vu de l’extérieur, de savoir qui est responsable. Même problèmes dans certains syndics qui partagent un accès internet communautaire : un seul résident télécharge illégalement et tout l’immeuble est fautif. On voit déjà une des failles béantes du système : avec le fonctionnement actuel du web (qui n’a jamais changé depuis sa création), la coupure de connexion internet va dans la plupart des cas être une punition collective.

Certes, les entreprises ne pourront normalement pas être coupées : elles seront obligées, à la place, de "sécuriser" leur réseau à leurs frais pour éviter que les employés puissent télécharger (donc soit brider le réseau pour interdire certaines fonctionnalités, soit surveiller la machine de chaque employé). On aperçoit déjà ce que risque de coûter Hadopi aux entreprises françaises… Les associations, elles, n’échappent pas à la coupure. Dans le cas du syndic c’est tout l’immeuble qui sera coupé, pareil pour la famille. Argument de Mme Albanel : "si on vous coupe internet vous pouvez toujours aller chez le voisin". Dans ce cas autant couper aussi l’eau et le gaz, on pourra toujours aller se doucher et se faire à manger chez le voisin…

Contournement :

Cependant, ce fonctionnement peut aussi être utilisé pour contourner le système de riposte graduée en permettant de masquer son IP : c’est ce qu’on appelle les réseaux privés virtuels (ou VPN). Grace à la magie de l’immatériel, il est possible de recréer le même type de réseau que dans une entreprise, à savoir plusieurs machines connectées entre elles sur le même réseau local (dit "privé virtuel" car en réalités les machines ne sont pas localisées au même endroit), et qui passent par une passerelle pour accéder au net.

Ainsi, toutes les machines du réseau privé virtuel vont prendre l’IP de la passerelle, et pourront donc surfer dans un parfait anonymat. Si cette passerelle est située à l’étranger, le droit français ne s’y applique pas et vous êtes tout bonnement intouchable par l’Hadopi. L’utilisation d’un VPN est très simple, puisqu’il suffit d’installer un petit logiciel sur son ordinateur. Ils sont souvent payants (5€ à 30€ par mois, même si certains sont gratuits : www.peer2me.com), sont légaux et vous permettent un surf totalement anonyme. Personnellement j’aurais préféré payer cette somme pour une licence globale. Le gouvernement veut du tout répressif, tant pis pour lui…

La chasse est ouverte : la collecte des IPs.

Nous avons vu que l’IP, contrairement à ce que pense le gouvernement, n’identifie pas de manière unique une machine. Nous allons voir qu’en plus, cette IP peut être détectée lors d’activités frauduleuses alors que vous n’y êtes absolument pour rien.

Tout d’abord, revenons rapidement sur le fonctionnement des réseau d’échange d’égal à égal (ou Peer to Peer). Voila les deux systèmes les plus répandus en ce moment :

     

  • Les systèmes centralisés : c’est le cas d’eMule. Vous vous connectez d’abord à un serveur, qui référence toutes les machines connectées et tous les fichiers partagés (une sorte de grand annuaire qui sait exactement qui a quoi). Lorsque vous faites une recherche, le serveur vous indique l’IP de toutes les machines qui ont le fichier qui vous intéresse, et il vous suffit de vous connecter à ces machines pour récupérer le fichier. Le fichier est coupé en morceaux pour pouvoir télécharger sur plusieurs machines en même temps. Lorsque vous téléchargez un fichier, votre machine partage automatiquement les morceaux déjà récupérés. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas le fait de télécharger qui va être sanctionné mais le fait de mettre à disposition une œuvre, chose qui se fait automatiquement quand vous la téléchargez. Les ayants droit n’ont donc qu’à se connecter et demander poliment au serveur quelles machines partagent ses fichiers pour avoir l’IP de tous les contrevenants. Crypter les données est donc totalement inutile tant que le serveur donne librement l’adresse IP des machines qui possèdent un fichier.

  • Le système décentralisé : c’est le cas de bit torrent. Cette fois-ci plus de serveur central, ce qui permet de rendre le système d’échange beaucoup plus robuste. Les machines connectées à bit torrent communiquent uniquement entre elles et se chargent de savoir qui partage quoi (au lieu d’avoir un seul annuaire qui sait tout, chaque machine possède son propre annuaire consultable librement). Interviennent ensuite des trackers (par exemple The Pirate Bay, le plus célèbre) qui vont scanner les réseaux et tenter de référencer les fichiers partagés. Un fichier .torrent contient l’adresse IP de quelques machines qui avaient le fichier à un instant donné (contrairement au serveur qui donne toutes les machines à l’instant présent). Ensuite, lorsque vous vous connectez aux machines qui ont le fichier, ce sont elles qui vont vous indiquer, grâce à leur annuaire, d’autres machines sur lesquelles vous pouvez télécharger. A force de vous connecter sur des machines vous en découvrirez d’autres, jusqu’à connaître l’adresse de toutes les machines qui ont le fichier. Pour le reste, le fonctionnement est équivalent au système centralisé. Dans ce cas, les ayants droit n’ont qu’à demander aux trackers pour avoir l’IP de certains contrevenants, mais doivent se connecter au réseau et télécharger le fichier pour les avoir tous.

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    Or ce système de traque pose problème dans plusieurs cas :

       

  • Premier cas : le serveur ou le tracker ont des informations erronées. C’est le cas de The Pirate Bay qui ajoute volontairement des adresses IP aléatoires dans son tracker pour démontrer les failles de la traque. Des chercheurs du MIT s’étaient également amusés à faire accuser de piratage les imprimantes de leur faculté en ajoutant leur IP dans les trackers (alors qu’une imprimante est incapable de partager illégalement un fichier). Cette méthode pour relever des infractions est caduque, a moins de se connecter à chaque machine et de réellement télécharger le fichier incriminé. Or se connecter et télécharger prend du temps, c’est pour ça que beaucoup de relevés d’infractions ne le font pas. De plus la loi ne garantit absolument pas la manière utilisée pour relever les IPs. Les ayants droit n’ont qu’à fournir une IP, l’heure de la connexion ainsi que le fichier incriminé pour lancer la procédure. Pour reprendre l’exemple de la sécurité routière, c’est comme si des entreprises privées bricolaient elles même leurs propres radars et envoyaient les photos des plaques avec la vitesse à la gendarmerie pour qu’elle mette des amendes, sans que ces radars soient étalonnés par l’état. Dans le cas du relevé défectueux de la part des ayants droit, aucun recours n’est possible.

  • Deuxième cas : votre voisin a piraté votre wifi, qui était insuffisamment sécurisé, et l’a utilisé pour télécharger illégalement. Or selon la loi Hadopi, le seul fait de ne pas avoir su sécuriser sa connexion vous expose à la sanction. Sachant que toutes les Box ont le wifi activé par défaut et que pirater un wifi est enfantin (cf preuve faites par UFC que choisir : www.ecrans.fr/IMG/pdf/Constat-ufc-que-choisir-wifi.pdf , un véritable guide pas à pas), ce cas devrait être assez fréquent. Le gouvernement a prévu dans la loi que vous ne subirez pas de sanction si vous arrivez a prouver (à vos frais) qu’on vous a piraté, et que vous donnez le nom du vrai coupable. Cependant, soit vous vous y connaissez suffisamment en informatique et vous saurez blinder votre borne wifi, soit vous n’y connaissez rien et vous serez bien incapable de prouver qu’il y a eu piratage.

  • Troisième cas : un virus. La plupart des virus modernes consistent à transformer votre machine en "zombie" pour créer un "botnet". Un "botnet", ce sont plusieurs milliers de machines "zombies" connectées au web, qui obéissent au doigt et l’œil du pirate qui les contrôle (on parle ici de vrai pirate, et pas du pirate du dimanche qui télécharge). Ils sont souvent utilisés pour envoyer des mails de spam et attaquer des sites web. Mais ils permettent également au pirate de transformer la machine infectée en passerelle, et donc de surfer et télécharger avec votre IP. Vous pourrez donc subir une coupure alors que vous n’étiez pas responsable, à moins d’arriver à prouver que vous avez été piraté, chose encore une fois très difficile pour le commun des mortels (moi compris).

    • On le voit, le système de collecte des IPs par les ayants droit est plus que discutable, et les moyens de recours sont irréalistes. Seul recours restant : le logiciel Hadopi, dont nous allons parler après ces quelques contournements.

      Contournement :

      De nouveaux types de réseaux d’échange font leur apparition :

         

    • Le streaming : ces sites permettent d’écouter de la musique en ligne sans téléchargement. Hélas certains artistes sont encore absents de ces plateformes (les Beatles, Led Zeppelin, …). Le plus connus est Deezer (très apprécié par Christine Albanel) : www.deezer.com.

    • La musique libre : la licence Creative Commons permet de publier de la musique libre. Profitez-en, c’est gratuit et souvent de qualité ! Exemple : www.jamendo.com.

    • Le réseau d’amis à amis (ou F2F) : dans ce système, seuls vos amis connaissent votre vraie adresse IP. Ainsi, vous ne voyez qu’une dizaine d’ordinateur sur un réseau qui en comporte beaucoup plus. Ce système décentralisé rappelle un peu les réseau de la résistance pendant la deuxième guerre mondiale, où très peu d’acteurs avaient une vision globale du réseau, mais où l’information circulait quand même. Le système Freenet est basé sur ce principe. Exemple de client : oneswarm.cs.washington.edu .

    • Le réseau d’invisible à égal (I2P) : ce système permet de télécharger anonymement en utilisant un système d’adresse autre que l’IP. De plus, le réseau est crypté et chaque ordinateur fait passerelle pour tous les autres, ce qui permet de ne jamais savoir directement qui possède quoi et qui télécharge quoi. Un peu comme un réseau de résistance, qui ferait suivre un message de la main à la main, de manière à ce qu’aucun des intermédiaires ne sache qui a envoyé le message et qui doit le recevoir. Le système Tor est basé sur ce principe. Exemple de client : www.i2p2.de .

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      Le logiciel de sécurisation : big brother is watching you.

      Seul recours restant pour prouver votre bonne foi (non vous ne rêvez pas, c’est à vous de prouver votre innocence), avoir installé sur votre machine un logiciel labellisé. Ce logiciel pourra être payant (a vous donc de payer le logiciel alors que vous n’avez encore commis aucune infraction !), et non interopérable (tant pis pour les linuxiens). Que fera ce logiciel ? Selon le ministère, il s’agira d’un logiciel installé sur votre machine qui retransmettra toute votre activité à un serveur central pour vérifier que vous n’êtes pas en train de télécharger illégalement. Si l’Hadopi vous accuse de téléchargement illégal, prouver que ce logiciel était en fonctionnement à l’heure de l’infraction pourra vous dédouaner.

      Hormis le fait que ce type de logiciel n’existe pas pour le moment, plusieurs contradictions apparaissent :

         

    • Si à l’heure de l’infraction votre machine était éteinte, le logiciel ne sera pas actif et vous ne pourrez prouver votre bonne foi. A moins de laisser l’ordinateur allumé 24h/24, cette solution est aberrante.

    • Comme je l’ai dit auparavant, plusieurs machines peuvent se cacher derrière une seule adresse IP. Est-ce qu’installer le logiciel sur une de ces machines sera suffisant pour se dédouaner ? Dans ce cas je vais vite l’installer sur une vieille machine qui tournera en permanence et télécharger comme bon me semble sur une autre machine.

    • Du point de vue éthique : on conçoit mal de mettre l’ensemble des français sur écoute pour lutter contre le terrorisme ou la pédophilie. L’Hadopi va enregistrer l’activité de tous les ordinateurs pour lutter contre le téléchargement illégal… Cherchez l’erreur. De plus, comment savoir ce que vont réellement collecter ces logiciels ? Informations personnelles ? Code de carte bleu ?

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      Contournement :

      Installer le logiciel Hadopi sur une vieille machine et ne jamais l’utiliser, ou trouver une version modifiée du logiciel qui ne surveille rien mais certifie que tout va bien.

      Les avertissements et la coupure :

      Passons maintenant à la phase répressive du projet. Vous avez été repéré téléchargeant un fichier sur un réseau d’échange et votre IP a été signalée à l’Hadopi. Celle-ci va donc demander vos coordonnées à votre fournisseur d’accès pour vous envoyer un mail d’avertissement.

         

    • Premier problème : vous avez changé d’adresse et votre fournisseur a oublié d’enregistrer le changement. Ainsi si la personne qui habite dans votre ancien appartement télécharge illégalement, vous serez pénalisé à sa place. Ce cas s’est déjà présenté aux Royaumes Unis.

    • Deuxième problème : ce mail sera envoyé sur la seule boîte mail que le fournisseur connaisse, c’est à dire celle qu’il vous a attribuée lors de votre abonnement. Personnellement je n’utilise jamais cette adresse et ne connais même pas le code d’accès. Dorénavant, il va donc falloir surveiller attentivement cette boîte. Le mail peut également être bloqué par un anti-spam et vous ne le verrez jamais passer.

    • Troisième problème : le mail ne comportera pas les fichiers que vous avez téléchargé. Il sera juste dit que votre IP a été repérée (sans la préciser non plus) et que si vous continuez vous serez coupé, point. Comment organiser sa défense si vous ne savez même pas ce qu’on vous reproche ?

    • Quatrième problème : le mail ainsi que la lettre recommandé seront facultatifs. Christine Albanel jure qu’ils seront toujours envoyés, mais venant d’une autorité composée de 6 personnes qui doit envoyer 10000 mails et 3000 courriers par jours on peut en douter.

      •  

      De plus, il sera impossible de contester la procédure tant que la connexion ne sera pas coupée. Si vous estimez que le mail ou le courrier vous accuse à tort, vous pouvez toujours contacter l’Hadopi pour avoir des renseignements, mais si votre IP réapparait par malheur sur les réseaux d’échange vous serez tout de même sanctionné. Une fois la connexion coupée, vous pourrez toujours avoir recours à un juge mais ce recours ne sera pas suspensif. C’est à dire que tant que le juge n’aura pas examiné votre dossier (ce qui peut prendre plus d’un an), votre connexion sera toujours coupée. Autant dire que les recours seront inutiles.

      Concernant la coupure, elle pourra aller d’un mois à un an. La durée d’un mois est réservée aux internautes qui décideront d’effectuer une "transaction" avec l’Hadopi. Par transaction comprendre payer une amende, installer le logiciel Hadopi et jurer de ne plus recommencer. Sinon… on ne sait pas ! Pour les autres ce sera entre deux mois et un an de coupure. Qu’est-ce qui déterminera la durée… on ne sait pas ! L’utilisateur pourra également être contraint d’installer le logiciel Hadopi pour une durée indéterminée une fois la connexion rétablie.

      Pendant la coupure vous ne payerez plus la partie internet de votre abonnement (6 à 7€) mais payerez le reste. Vous ne pourrez pas vous désabonner et votre nom sera ajouté à une liste noire vous interdisant de vous réabonner chez un autre fournisseur d’accès. Une simple erreur sur la liste noire (homonymie, erreur de typographie, …) et vous voila privé de connexion sans raison et sans recours. De plus, cette liste sera publique. Le projet prévoyait à la base de publier dans la presse le nom des internautes dont la connexion a été coupée (sorte de mise au pilori moderne), mais cette disposition a heureusement été supprimée.

      Contournement :

      Pas de réel contournement, si ce n’est de contester systématiquement. Appelez les, envoyez leur des courriers, faites tout ce qui est possible pour vous faire entendre avant que le couperet ne s’abatte. Après c’est trop tard.

      L’Hadopi, garante de l’anonymat des internautes : la double peine de bonne foi.

      De plus, cerise sur le gâteau, la coupure de connexion internet ne vous met pas à l’abri d’un procès. L’Hadopi sanctionnant le défaut de sécurisation de ligne, rien n’empêche les ayants droit de porter plainte, vous exposant à une peine maximale de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende.

      Mais rassurez vous, Hadopi est là pour veiller à votre anonymat. Ainsi les ayants droit, qui auront fourni votre IP à la haute autorité, ne connaitront jamais votre nom et votre adresse. Seule la haute autorité aura à faire à vous. Christine Albanel voulait de cette manière éviter que les ayants droit puissent, en plus de la coupure internet, porter plainte contre les gros téléchargeurs identifiés.

      Cependant, le risque de double peine est en réalité renforcé de cette manière. Ainsi les ayants droit peuvent très bien relever une première fois votre IP et la donner à l’Hadopi, qui vous coupera la connexion, puis la relever une deuxième fois (votre IP change à chaque connexion) et cette fois ci porter plainte. En effet, les ayants droit ignoreront qu’ils ont à faire à la même personne et une double peine est alors possible.

      Selon la ministre, les juges auront pour consigne de classer l’affaire si une action a déjà été entreprise par l’Hadopi. Une consigne n’est pas une loi… Et que se passe-t-il si l’action auprès du juge a lieu avant l’action de l’Hadopi ?

      Le filtrage du net : pas besoin de pédophilie, Hadopi suffit.

      Le rêve de contrôler le net prend enfin forme. Nicolas Sarkozy souhaitait filtrer internet pour lutter contre la pédophilie et le terrorisme, plus besoin… L’Hadopi ainsi que les juges pourront décider du filtrage de n’importe quel site. Sont visés tous les sites qui permettent ou facilitent la téléchargement illégal d’œuvres (The Pirate Bay est en première ligne), mais également tous les sites proposant des moyens de contournement du filtrage (cette article pourrait donc être filtré). Les fournisseurs d’accès seront responsable de ce filtrage et pourront être poursuivis s’il n’est pas mis en œuvre.

      Outre le fait que le net sera désormais contrôlé par l’exécutif, le système de filtrage connaît également de nombreuses failles. On se souvient ainsi du Royaume Uni qui avait bloqué tout wikipedia car un des articles, portant sur l’album Virgin Killers de Scorpion, contenait la pochette de l’album montrant une fillette nue, image jugée pédopornographique et censurée : www.ecrans.fr/Qu-est-ce-qui-est-vraiment-filtre,6677.html.

      Contournement :

      La plupart des filtrages se font au niveau du serveur qui fera correspondre un nom de site à son adresse IP. Il suffit par exemple de retirer jaimelesartistes.fr de ce serveur pour qu’on ne puisse plus connaître son IP et qu’il soit inaccessible. Un tel serveur s’appelle un serveur DNS, et vous est fourni automatiquement pas votre fournisseur d’accès. Le contournement consiste à utiliser un autre serveur DNS que celui du fournisseur d’accès, DNS qui lui ne sera pas censuré. Le plus connu est OpenDNS : www.opendns.com/start/computer.

      Il est également possible que le fournisseur d’accès tente de filtrer l’accès à l’IP du site, mais cette méthode est peu fiable car le site peut en changer rapidement (The Pirate Bay l’avait fait en 24h, suite au blocage du site par la Suède).

      Un VPN à l’étranger vous permet également de passer outre le filtrage.

      Conclusion :

      En voyant tous ces points on se rend compte que l’Hadopi est un système déjà obsolète qui risque de faire condamner un grand nombre d’internautes innocents. Il va de plus coûter cher à l’état (donc aux contribuables), aux fournisseurs d’accès (donc aux clients) et aux entreprises.

      Ce projet risque également de faire prendre un retard considérable à l’économie numérique Française. Selon moi, une personne ayant peu de connaissance dans le domaine et se voyant accusée (à tort ou à raison), risque de résilier son abonnement dès le premier avertissement par peur de la sanction. Cela va nourrir une certaine méfiance à l’égard du web qui commençait à s’estomper.

      De plus, ce projet est totalement liberticide dans le sens où le juge est totalement évincé de la procédure. La Haute autorité peut décider de couper le net, filtrer certains sites et en sur référencer d’autres sans avoir de comptes à rendre. La procédure est de plus totalement arbitraire, aucun critère n’étant fixé dans le choix de la sanction.

      Enfin, toute personne soucieuse de son anonymat sera désormais tentée d’avoir recours aux méthodes de contournements citées ci-dessus. Cela aura pour effet d’opacifier le réseau et de ralentir la lutte contre la pédophilie et le terrorisme.

      Certains trouvent ce texte inutile ou inapplicable, je le trouve pour ma part révélateur de l’ignorance du gouvernement ansi que de sa volonté de contrôler le seul média qui lui échappe. Ce texte est puissamment rétrograde et risque de marquer le web français de manière durable.

      En espérant avoir été clair…

      Cbx.

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